bon je reproduis un gros article du site de l'?quipe mais il vaut VRAIMENT la lecture ...
DOMENECH CIBLE SES PRIORIT?S
Par C?dric ROUQUETTE
M?me si Raymond Domenech s'est dit ?surpris? par les r?v?lations de "L'Equipe" sur le malaise ambiant entre lui et certains cadres, il en a profit? pour rappeler qu'il fallait oublier les habitudes prises dans le pass?, et que seul le terrain mobiliserait d?sormais son ?nergie.
?Ce qui s'est pass? avant, ce n'est pas mon souci?
S'il l'avait pu, Raymond Domenech aurait fait l'?conomie de l'affaire ?des prot?ge-tibias?, cette sourde r?volte qui, ? en croire les r?v?lation de "L'Equipe", gronderait parmi les cadres de l'?quipe de France en raison de son mode de fonctionnement trop autoritaire. Tout ?a alors que les qualifications pour la Coupe du monde 2006 n'ont pas commenc?. Pour le grand public, il est un peu l'homme qui n'a pas su retenir Thuram, Zidane et Lizarazu, ces tr?sors nationaux d?couverts en 1998 qui ne feront plus r?ver d?sormais que le Sud de l'Europe. Si, dans un sc?nario-catastrophe enfant? par son intransigeance, il devenait le s?lectionneur ? l'origine des d?parts ? la retraite de Barthez, Pires ou Henry, il n'aurait plus vraiment les moyens - techniques et politiques - de demander du temps pour reconstruire une ?quipe comp?titive. Ce chantier passe, pour lui, par la disparition de certaines habitudes qui, bonnes ou mauvaises, ont pu entrenir dans l'?quipe une l'id?e infond?e de sa sup?riorit? sur les autres.
L'?pop?e de l'?quipe de France des ann?es 1998-2000 s'est construite sur un socle en b?ton arm? : une amiti? pour la vie entre tous les membres du groupe, une vraie fraternit? sur le terrain, un bonheur de se retrouver ? chaque rassemblement. Zidane ne l'a pas cach? : le d?part de la plupart des membres du staff, dont certains tr?s proches, l'a confort? dans son envie de quitter le navire ? son tour. Cet esprit de corps s'?tait dissous au fil des saisons, jusqu'au malentendu de l'Euro 2004. Il avait aussi ses d?fauts. Une sorte de ?baronnie? (L'Equipe) s'?tait cr??e au sein du groupe parmi les plus influents. Elle avait obtenu, en 1999, le d?part d?finitif de Dhorasoo, coupable d'un petit pont ? l'entra?nement sur Leboeuf. Elle avait aussi instaur?, avec le temps, une certaine autogestion du groupe par ses cadres. ?Tout ?volue, r?pond Domenech face ? ce tableau. Ce qui s'est pass? avant, ce n'est pas mon souci. Avec les joueurs, on n'a discut? ni de ce qui se passait ? l'?poque 1998-2000, ni de ce qui se passait de mon temps, il y a vingt ans.? A ce confort ont ?t? oppos?es, ? Rennes, des r?gles communes interpr?t?es comme plus contraignantes. Trop, au go?t des doyens.
Le bonheur en dehors du terrain si...
A mi-chemin de toutes les aspirations, le capitaine Vieira joue tout en diplomatie. ?On avait l'habitude de vivre d'une certaine mani?re. Mais il n'y a pas de place pour la pol?mique car c'est l'entra?neur qui d?cide. Ses ?tats d'?mes, chacun doit les garder pour soi. Quelle nouvelle r?gle m'emb?te le plus, personnellement ? Je le garde pour moi. Nous sommes des gens positifs et il faut prendre le bon c?t? de ces nouvelles r?gles.? Il est int?ressant que le capitaine des Bleus ne nie pas l'existence ?d'?tats d'?mes? - attitude la plus facile ? adopter - mais sugg?re leur enfouissement pour le bien commun. C'est exactement l'approche sugg?r?e par son entra?neur, conscient que personne, dans l'opinion publique, ne s'apitoiera sur le sort de quelques idoles bouscul?es dans leur confortable cadre de travail. ?Ce que j'ai propos?, ce sont des r?gles de vie et de base ?l?mentaires. Elles existent dans n'importe quel petit club et on les inculque ? tous les jeunes, ?nonce Domenech avec son sourire dubitatif. ?a ne se discute m?me pas. C'est comme ?a, c'est tout, ?a para?t logique. D'ailleurs ces r?gles ne sont pas impos?es : c'est du bon sens.?
R?put? pour son autoritarisme, Raymond Domenech r?fute tout ?acte dictatorial? depuis sa prise de fonction. ?Je ne suis pas un g?n?ral, je suis un colonel. La nuance ? L'un ordonne et l'autre dirige. Et puis, prot?ge-tibias ou pas, ce n'est pas ?a qui les rendra meilleurs ou moins bons sur le terrain.? A quelques jours de partir pour le Portugal, Jacques Santini avait d?clar? que la joie de vivre d?gag?e par le groupe ?tait pour lui une profonde satisfaction, ?quoi qu'il se passe ? l'Euro?. Ce n'est pas la phillosophie de Raymond Domenech. ?La v?rit?, c'est le terrain : sont-ils capables d'avoir un vrai projet collectif ? Parfois, certains aimeraient jouer autrement, et c'est dans ces circonstances qu'il faut parfois imposer quelque chose aux joueurs. Mais les prot?ge-tibias...? Le bonheur hors du terrain ne na?t pas du droit ? se lever tard, mais de la toute puissance du projet collectif, explique le nouveau patron, comme pour marquer la rupture avec plusieurs saisons o? le ?professionnalisme? des joueurs a justifi? beaucoup d'autonomie.
?Les ?quipes qui sont contentes de se retrouver sont celles qui ont un cadre pr?cis, une organisation de jeu, qui savent que tout le monde travaille avec les autres dans un but commun, d?taille Domenech. C'est ?a qui te rend serein, qui te permet de t'appuyer sur les autres, de te regarder dans les yeux apr?s un match ou un entra?nement. Tout le monde sait ce qu'il ? faire, comment le faire, et avec plaisir, puisque il y a un vrai projet. Mon r?le est de d?terminer un cadre, une organisation, un style. Avec ?a, tu peux avoir des r?sultats. Avec des francs-tireurs, tu ne peux pas, ou alors de fa?on temporaire, mais tu sais que dans la difficult? ?a ne passera pas. Quand c'est comme ?a, les joueurs le sentent et leur envie diminue.? Lass? par des ?futilit?s? sur lesquelles il pense s'?tre d?j? trop ?tendu, le s?lectionneur esp?re avoir clos le d?bat pour longtemps. ?Si le projet qui consiste ? aller au bout de la Coupe du monde 2006 tient ? ces consid?rations, on est mal. Si on ne peut pas parler avec les joueurs apr?s le match... A eux de prendre ce r?le d'adulte ou de le laisser. Et honn?tement, discuter sur des futilit?s comme celles-l?, ce n'est pas ?tre adulte.?
LES NOUVELLES REGLES
La d?fiance ressentie par plusieurs cadres de l'?quipe de France se serait appuy?e sur quatre nouvelles r?gles de vie en groupe, ?dict?es ? Rennes il y a deux semaines :
1. PROTEGE-TIBIAS OBLIGATOIRES
Cette mesure est celle sur laquelle Raymond Domenech reconna?t avoir ?t? le plus ferme : ?tous les joueurs devront rev?tir les prot?ge-tibias ? l'entra?nement dans les situations de jeu. On oblige ? les mettre d?s les pupilles, dit le s?lectionneur, et il faut montrer l'exemple. Si un joueur se fait d?couper le tibia ? l'entra?nement, c'est moi qui serai accus?, c'est ma responsabilit?. Ce que font les entra?neurs en club n'est pas mon probl?me. Et de toute fa?on, les r?glements rendent les prot?ge-tibias obligatoires partout.?
2. LE PETIT-DEJEUNER EN GROUPE A 8H30
La r?gle n'est pas immuable et sacr?e. ?Mardi matin, comme il y avait des tests m?dicaux, c'?tait ? la carte entre 8 heures et 10 heures?, s'amuse le s?lectionneur. ?La di?t?tique impose certaines r?gles de base. Le petit d?jeuner est une base de l'alimentation?, justifie Raymond Domenech. Auparavant, les joueurs b?n?ficiaient d'une certaine latitude et adaptaient l'horaire de leur premier repas ? celui de leur r?veil.
3. PAS DE PORTABLE AU MASSAGE
?On ne leur a pas interdit, on leur a conseill??, nuance Domenech. Cette d?cision se justifie par l'importance accord?e au massage dans la pr?paration, et par le respect et l'attention dus aux kin?s.
4. DEBRIEFING APRES LE MATCH
C'est probablement ce qui a le plus ?tonn? les joueurs, m?me si la plupart d'entre eux avaient pratiqu? cet exercice en Espoirs. ?C'?tait tr?s constructif, estime Gr?gory Coupet. Chacun parlait de ses sensations pendant le match.? Raymond Domenech le d?crit comme ?une discussion ? b?tons rompus, qui ne sera pas syst?matique?. Ce type de d?bat, v?cu comme une autocritique par certains joueurs, aura lieu ?quand ce sera n?cessaire et possible?. Ce ne sera pas le cas, notamment apr?s le d?placement aux Iles F?ro?. ?Je rectifie, ils n'?taient pas debout mais assis?, a pr?cis? le s?lectionneur. La r?union s'?tait achev?e ? 2h30 du matin ? Rennes.
5. LA PONCTUALITE
Pour ne pas s'?tre pr?sent? au bus ? l'heure, Peguy Luyindula avait d? rallier le centre d'entra?nement par ses propres moyens, en marge de France - Bosnie.
Raymond Domenech admet que ces mesures, m?me s'il les banalise, n'ont pas fait l'unanimit?. ?Certains sont allergiques aux prot?ge-tibias, d'autres ont le t?l?phone greff? ? l'oreille, d'autres se l?vent tard. Ils l'ont expliqu?, mais ils ont compris la diff?rence qui existe entre ce qu'on peut faire en club et ce qu'on fait en s?lection quand il y a un projet commun.?
Il n'envisage pas de d?part imminent de Barthez ou Pires ? la retraite. ?Sur sa valeur, Barthez peut aller jusqu'? la Coupe du monde. Sur son envie, j'ai constat?, lundi ? l'entra?nement, qu'il courait dans tous les sens, on aurait dit qu'il avait a 18 ans. Moi, Fabien ne m'a pas montr? de signe d'envie de s'arr?ter.? Pires : ?Ce qu'il a fait ? Rennes aurait ?t? insuffisant dans le cadre d'un match ? points. Mais ce n'est pas suffisant pour s'en s?parer. Avec son attitude, c'est toujours comme ?a. Quand il est bien, on a l'impression qu'il sait tout faire. Quand il est mal, on a l'impression qu'il ne sait rien faire.?
je sais pas s'il faut en rire ou en pleurer mais en tous cas MERCI RAYMOND DOMENECH